| Dans l'histoire
Version
contemporaine de l'organistrum du XIIe
siècle, la vielle à roue a su voyager
dans le temps et dans l'espace depuis les premiers
pas de la polyphonie.
D'abord destiné à la musique religieuse,
l'organistrum se joue à deux : l’un
tourne l'archet circulaire qu'est la roue, tandis
que l’autre tire vers le haut une sorte
de clavier, remplaçant ainsi le jeu direct
des doigts sur les cordes.
Un peu plus tard, au XIIIe siècle, l’organistrum
devient la Symphonia, puis la Chiffonie,
un modèle à boîte carrée
se jouant seul. L’instrument est déclassé,
entre autres par l'orgue, et devient tranquillement
un instrument du peuple, voire de mendiants.
La vielle, telle qu'on la connaît, apparaît
vers le XVIe siècle, où l'on voit
se développer plusieurs formes de caisse
de résonance, comme celles de la guitare
et du luth. (Avant, les caisses de résonance
étaient plates.) Puis, c'est au XVIIe siècle
que le chien (percussion de la vielle) apparaît
réellement.
Le XVIIIe siècle est pour sa part considéré
comme l'âge d'or de l'instrument. La mode,
instiguée par les nobles et les monarques,
pousse plusieurs grands luthiers et grands compositeurs
(Mozart, Vivaldi, Boismortier, Corrette...) à
concevoir des vielles de qualité pour des
oeuvres de musique « savante ».
Par la suite, la vielle retourne au peuple. Elle
demeure en France, comme un peu partout en Europe,
un instrument très populaire de danse et
de chant.
Aujourd'hui, à l'aube du XXIe siècle,
elle sonne fièrement, comme un instrument
aux milles possibilités.
|